Bano Traoré

Jeune Athlete x Bano Traore

 

Jeune Athlete: Tu es né où?

Bano: Ivry-sur-Seine, 94. J’ai grandi à Vitry un petit peu et après Fontenay direct, depuis l’âge de 3 ans. Un pur produit de Fontenay, quartier Montesquieu. Un coin moche mais sans problèmes.

J.A: Where were you born?

B: Ivry-sur-Seine, 94th Dept. I lived in Vitry for a while and since I was 3 my family and I have lived in Fontenay. “Quartier” Montesquieu. An ugly hood but no major trouble.

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J.A: À quel âge as-tu commencé l’athlé?

B: À 13 ans. Après la Coupe du Monde 98. J’ai d’abord fait quelques mois de football mais le froid a eu ma peau. Les terrains gelés là!!! Je n’oublierai jamais le jour où je suis rentré chez moi avec les doigts gelés; j’ai voulu les mettre sur le radiateur pour me réchauffer, ma soeur m’avait prévenu que ça allait m’arracher mais je ne l’ai pas écoutée. Résultat: j’ai souffert!!

Au moins à l’athlé tu cours et quand tu ne cours pas tu te couvres. Et puis déjà petit, j’aimais pas le côté lobbying du foot, donc fuck!

J.A: When did u start Track&Field?

B: That was when I was 13. I played soccer for a few months but the cold killed me. Ain’t nothin’ worse than playin’ on a hard frozen pitch!!! I’ll never forget that day I came back from training, my fingers maaad frozen; I wanted to warm them on the heater, my sister told me it would be painful but I didn’t listen. I should have: it was so damn painful!!

I switched to T&F cuz at least when it’s cold you get warm by running and when you don’t run you just add layers and layers… Also, even when I was a kid I didn’t like the “lobbying” from the parents which was already a major part of the game…

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J.A: Tu courrais vite déjà?

B: Je sais plus trop, mais il me semble que le coach d’athlé m’avait challengé sur ma capacité à courir plus vite que ses protégés. Et comme je les avais tous tapés j’ai voulu continuer et découvrir ce sport.

J’ai commencé par les épreuves combinées.

C’était Cross Country et combinées. J’aimais pas trop ça enfait (le poids, le jav’, les sauts) et quand j’y repense je me dis “mais pourquoi j’ai fait tout ça?”

Mais au final ça m’a servi. Ça m’a donné une bonne base athlétique et puis quand on y repense, les compétitions Jeunes c’est juste des barres de rires.

D’ailleurs je suis resté très proche de ceux avec qui j’ai commencé l’Athlé. On n’a plus le même niveau, mais on a la même passion!

J.A: As a kid, were you already fast?

B: I don’t know, I think the coach dared me to run faster than the other kids, and I kicked asses so I stuck to T&F; I wanted to know what it was about. I started with the combined events even though I wasn’t really into it. Shotput, Javelin… When I reminisce on those days I’m like “why did I even do that?”.

Ultimately, it was good to start that way. The combined events gave me a strong athletic basis and competing as a kid with other kids is pure joy. I am still in touch with the peeps I started with. We don’t have the same level anymore but we still got that same fire for the track.

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J.A: Mais ça fait un bail que tu cours, t’en as pas marre?

B: Franchement … il y a 2-3 ans je t’aurais dit oui. Je pense que c’était une époque où je réfléchissais mais enfait je mettais en place mon projet et je pense que c’est pour ça que j’ai calmé un peu au lieu d’arriver au Burn-Out.

Je me disais: “garde la forme, vas en cours et vois de nouvelles têtes”. Du coup quand j’ai repris l’entrainement j’étais motivé.

Et c’est vrai qu’à l’INSEP parfois c’était pas motivant car limite tu connaissais tes séances à l’avance et elles étaient un peu répétitives. Alors que maintenant…

Déjà je prie avant d’aller à l’entraînement et à chaque fois c’est une surprise. Il y’a juste à être mentalement prêt et à l’heure.

J.A: You’ve been running for so long. Aren’t you sick of it?

B: To be honest, two or three years ago I would have answered yes to that question. At that time I had reached a point where I was thinking about my future. That’s when I started to plan my project. I decided to turn T&F down for a moment but solely to avoid burn-out.

I told myself to go back to school – to stay fit and meet new people. So when I started up training again I was fresh and motivated.

I agree that sometimes training at the INSEP was kinda boring. It’s like I could have planned my session 3 months in advance – they were kinda redundant compared to now… Now before I train, I always pray ’cause I never know how tough the session will be. I just gotta be on time and mentally ready.

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Jeune Athlete : Tu as passé combien de temps à l’INSEP ? 

Bano : 5 ans. Je suis arrivé à 23 ans et j’y suis resté pendant 2 ans

Jeune Athlete: How many years did you spend at the INSEP (French High-Level Sport Cell) ?

Bano: I was there for 5 years. I joined INSEP when I was 23 and even lived there 2 years.

J.A: Justement entre les deux écoles tu as une préférence?

B: C’est toujours facile de cracher sur ce que tu as fait avant. Je pars toujours du principe que tant que tu retiens quelque chose de ton expérience passée, c’était pas une erreur, tu vois?!

À l’époque où j’ai rejoint l’INSEP c’était juste LA chose à faire et ça m’a apporté. J’étais coaché par Renaud Longuèvre et m’entraînais avec Ladji Doucouré, Linda Fergat etc…et nous avons gardé un bon contact.

Aujourd’hui ce qui me correspond le mieux c’est mon entrainement aux USA qui intègre beaucoup de foncier. C’est ce qui me manquait. En France j’ai été gâté par l’enseignement technique et maintenant je dirais que les deux sont complémentaires.

 

J.A: Track wise, what’s your preference between the French and the American school ?

B: It is always easy to spit on what you did first and in the past. I just think that as long as one learns something from his previous experiences there are no mistakes, nahmean?

Joining INSEP was thee thing to do at that time. I also had @longuevre as a coach and as partners – Ladji Doucoure, Linda Fergat… We’re still in contact…

Now, the American school is what suits me best. That’s what I needed. I work the areas I was lacking in. In France I received good technical knowledge; what I do now is more about developing my natural skills and I think that both schools are complementary.

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J.A: Et ta longévité?

B: Ce qui m’a aidé c’est peut-être le fait que j’ai vraiment mis du temps à m’investir. Quand j’ai rejoint l’INSEP j’avais des résultats mais sans trop forcer quoi, puis j’ai vite compris qu’il me fallait cette structure pour être plus sérieux notamment sur l’hygiène de vie et et pour m’entrainer comme un vrai sportif de Haut-Niveau. J’ai aussi eu la chance de ne pas avoir été cramé tôt par mes entraineurs; en France on ne bosse pas autant le foncier qui peut laisser des traces. Je me donne donc encore 2 ou 3 années supplémentaires.

J.A: You’ve had a long career! How is that?

B: Maybe the fact that it took me a long time to really invest my everything helped me. When I joined the INSEP I had good results but I didn’t work that hard; Then I understood that I needed more structure, to be more serious and change my lifestyle to become a real Pro. Also, I’m fortunate that my coaches didn’t ruin my physical aptitudes. In France we don’t work them as much as we do in the USA. It is a type of workout that leaves deep scars. I give myself 3 more years.

J.A: Donc là bàs c’est beaucoup de foncier? Une séance type?

B: Bob Kersee adore le foncier, il en est même un peu sadique. Une fois on a fait: 1200/600/400/200/200/400/200/200 , tarif spécial pour moi car il est fan du Barça et d’Arsenal…Deux équipes que je n’aime pas mais que lui il kiffe…

Quand j’ai franchi la ligne d’arrivée je suis littéralement tombé.

Le coach nous rappelle sans cesse que nous pratiquons un sport universel et que tu dois constamment donner le maximum; tes adversaires travaillent dur ailleurs dans le monde donc tu ne peux pas te relâcher; Dès les starting-blocks c’est la guerre; un mauvais temps de réaction + 10 haies à franchir, ça peut faire beaucoup de problèmes à l’arrivée.

Bob Kersee t’aide à briser tes barrières psychologiques et physiques. Jamais je n’aurais pensé être capable d’encaisser les séances que je me tape aujourd’hui. Il me rappelle sans cesse qu’il n’y a pas de places réservées dans ce sport; il faut bosser. C’est ça la mentalité Américaine.

La phrase qui m’a marquée c’est:

“je vais vous amener vers votre mort mais vous n’allez pas la voir venir…” Bob Kersee.

 

J.A: So you work the physical aptitudes a lot there? Any typical session?

B:Bob Kersee looooves working the physical. He’s a bit of a sadic, lol. One time we did 1200/600/400/200/200/400/200/200, special fee for me as that was after one of Arsenal’s wins. A team he loves and that I hate… When I crossed the finish line I was like…legless.

The coach keeps on reminding us that T&F is universal and that if you don’t give 100% your opponents will. You can’t chill. Plus it’s a war from the moment you’re in the starting-blocks; Imagine if you miss the start + 10 hurdles to cross: that could mean a lot of complications at the end.

Bob Kersee’s methods help you breaking your mental & physical barriers. Who could have said that I could undergo such a workload!? I’m always reminded that there are no reserved seats in this sport. You gotta work!!

“I’mma lead you to your death, but you not gon’ see it coming” – Bob Kersee.

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J.A: Donc ce genre de séances c’est une découverte pour toi? Tu n’en peux plus ou tu en redemandes?

B: Je ne dis pas que le travail effectué en France à l’époque était mauvais, loin de là, mais avec ce que j’encaisse aujourd’hui c’est gratifiant de me dire que je suis capable de réaliser de tels chronos à l’entraînement.

Un an auparavant, si un coach m’avait dit de faire une séance de long, mais j’aurais pris mes pointes, je l’aurais insulté et je serais rentré chez moi sans chercher à comprendre ce qu’il voulait. Qu’il s’appelle “Coach de champion olympique” ou autres…

Je me rends compte maintenant qu’en tant que coureur de 110m haies je fais des séances bien plus dures que certains internationaux français coureurs de 400m par exemple.

C’est motivant. T’as juste envie de tout le temps repousser tes limites. Et puis comme le coach ne tolère pas qu’on s’écroule en franchissant la ligne… Ça te donne le mental.

J.A: So these methods are new to you: are u fed up or do you want some more?

B: Not saying that the work done in France was crap, not at all. But with the huge workload it’s gratifying to see that I can achieve great things at training.

A year ago if anybody would have asked me to do a long-distance session I would have just picked up my spikes and insulted him without trying to understand him. Whatever he would have been a World-Class or five stars coach. Now I realize that as a hurdler I do more than some french sprinters running the 400m at an international level. It is sooo motivating. I just want to push my limits. And as the coach doesn’t like when an athlete lays on the track when crossing the line…

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J.A: Physiquement tu te sens mieux aujourd’hui ou avant?

B: Ouais je me sens mieux aujourd’hui; après faut dire que j’étais un peu paresseux à l’INSEP, j’étais plus fragile aussi, je me blessais beaucoup et j’avais pas conscience de ce qu’était le haut-niveau. Par contre j’ai gardé un rituel qui fait la diff’: la sieste!!

 

J.A: Physically do you feel better now than during your rookie days?

B: Absolutely!! Also I admit that I was really lazy at the INSEP, more fragile a too. I got injured a lot and didn’t have any notion of the elite level. However There’s something sacred that I kept: having a nap!!

J.A: Tu t’entraînes avec Allysson Felix, Dawn Harper-Nelson, Shawn Crawford entre-autres: comment as-tu été accueilli?

B: À bras ouvert!!

C’est un peu Eunice Barber qui m’a ouvert les portes du groupe d’entrainement de Bob Kersee quand elle s’entraînait à UCLA. Quand on se voyait à l’INSEP elle nous disait à Ladji et moi que par rapport à nos profils et nos qualités athlétiques ça serait judicieux de partir quelques temps aux States. Et c’est vrai, Bobby est vachement sur le développement des qualités naturelles. Pour lui le sprint c’est du 100m au 400m et le 110m Haies en fait partie; l’idée est de courir vite le plus longtemps possible et finir easy.

Le contact s’est fait facilement avec Bob qui comme moi est un fan de football. Bon, on supporte pas les mêmes équipes (Real Madrid vs Barça) mais j’ai appris à me taire car c’est lui qui a le chrono… Mais sinon aucun soucis c’est un groupe très accueillant et très ouvert d’esprit. On vit ensemble, on souffre ensemble.

 

J.A: You train with Alysson Felix, Dawn Harper, Shawn Crawford… How did they welcome you?

B: With their arms opened!!

I have to thank Eunice Barber too; she’s the one who opened the window while she trained in UCLA a couple of years ago. When meeting her at INSEP sometimes I remember she used to tell Ladji and I that based on our physical abilities we should consider the fact of training in the US for a while; She was right. Bobby is really keen on developping the athletes natural skills. He considers that Sprint goes from 100m to 400m with the idea of run fast as long as possible, moreover, finishing easy.

The contact went smooth with Coach Bobby as like me he’s a huge fan of soccer. Ok, we don’t cheer for the same teams but I learnt to keep my mouth shut about this topic: he’s the one who holds the stopwatch!! Haha

But yes, this training group is composed of open-minded peoples. We live together, we suffer together too.

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J.A: Maintenant que tu es installé à L.A peux-tu vivre sans Fontenay, la ville qui t’a fait?

B: Non. J’y ai passé une grande partie de ma vie, ma famille y vit toujours, c’est là bas que j’ai connu mes amis donc quand je suis en France, je suis à Fontenay. C’est tout.

Mais l’un n’empêche pas l’autre. Tu peux vivre n’importe où dès lors que t’oublies pas d’où tu viens. Et puis maintenant on a l’avantage des réseaux sociaux, ça sert à ça. Partir à l’étranger ça permet aussi de faire le tri et de voir qui sont les vrais. Je ne sais pas si c’est une bonne réponse mais c’est la mienne.

 

J.A: Now you live in L.A, can you do without Fontenay, the city that made you?

B: No way!! I spent so much time there, my family’s still there, that’s where I met my close friends so whenever I come to France I stay at Fontenay, that is all !

I just think that it is possible to live anywhere in the world as long as you don’t forget where you come from. Now we can use social media to connect and also to filter. Indeed, when you live abroad how funny it is see who the real people are.

Is it a correct answer? I don’t know but it’s mine.

J.A: Tu as la chance de connaître deux cultures de Haut Niveau. Mais à côté de ça, qui es-tu? Quels sont tes valeurs et ton tempérament?

B: Mes parents ont divorcés quand j’étais très jeune et j’ai été élevé dans la tradition du respect des aînés par ma mère, Femme de ménage. Elle m’a toujours fait confiance et m’a laissé une certaine autonomie car elle a toujours su que je savais où je mettais les pieds. Que ce soit pour les sorties, les études etc… J’ai toujours été autonome.

Et pourtant j’ai une fibre de fainéant un peu. Genre en cours si 10 ça suffisait pour passer, je visais 10 même si je pouvais largement viser plus mais ça sert à rien de se mettre la pression et de se fatiguer. J’avais l’objectif en ligne de mire et c’est le jour J que je me fatiguerais.

J’ai aussi eu la chance de grandir dans un brassage culturel. Tu apprends des gens et de leurs cultures. Ça m’a donné des envies d’ailleurs dès mon plus jeune âge, surtout quand t’es petit et que tu vois des grands galérer toute la journée sur un banc…Eux, ils étaient la meilleure source de motivation car je ne voulais pas galérer comme eux assis sur un banc à ne rien faire. Quitte à galérer sur un banc donnez-moi une playstation au moins (rires)

 

J.A: You’ve been lucky to know both French and US culture but, who is Bano Traoré?

B: My parents divorced when I was really young and I grew up with my mother, a house-keeper, in the tradition of respecting the elders. My mother has always trusted me and given me the autonomy to do what I wanted to wether it was for going out or for studies… She’s always knew that I would remain grounded, even if I have that lazy side. I remember that at school, I used to get ready to score a 10/20 just because it was enough. Why carrying too much pressure and losing energy instead of keeping your goal in mind and giving everything on D-day?!

I’m also lucky that I grew up in a mixed environment where I could learn from people and their cultures, which has made me wanna visit the whole world. Especially when I saw some older fellas sitting on a bench, doing nothing. They were the best source of motivation. I didn’t want to become like them…doing nothing sitting on a bench… Gimme a playstation at least!!

J.A: Ta fainéantise tu l’as gardée?

B: En fait, j’ai un tempérament apaisé. J’aime faire la sieste, c’est sacré!! Ça me rappelle qu’il faut savoir rester au calme et garder son énergie pour ce dont on a besoin au lieu de se disperser et courir partout. Faut pas oublier l’objectif… Après je sais aussi m’amuser, être fou-fou mais bon, si tu me demande de choisir entre ascenseur et escalier: ascenseur direct!!! C’est pas de la paresse, c’est de la bonne gestion, de l’efficience!! (Rires).

J.A: Did you keep your laziness?

B: I’m just a chilled man. I like taking a nap. Lol. Better remaining calm and keeping one’s energy for D-day. If you ask me to choose between stairs and elevator I would go straight away for the elevator, no doubt!! It ain’t being lazy; I call it wise gestion or efficiency.

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J.A: Tu as déjà eu des sélections avec l’Equipe de France?

B: Oui, Championnats d’Europe en salle et Championnats du Monde plein-air. Malheureusement j’avais raté mon billet pour les JO de Pékin pour seulement 3 centièmes.

J’ai eu l’honneur de représenter la France et maintenant dans ma démarche de retour à zéro je représente le Mali en compétition internationale.

Le basculement a été possible car la règle est de passer 2 années sans sélection, ce qui était mon cas.

J.A: Have you competed yet with the French Team?

B: Yes, for the Indoor European Championships and summer World Championships in Osaka (2007). Unfortunately I missed my ticket to the Olympics in Beijing for 3/100 only!!! It was an honour to represent France. Now I’m proud to compete for Mali.

J.A: Explique-nous ce choix.

B:C’est quelque chose qui me tenait à cœur et à mes parents aussi. Courir pour son pays d’origine c’est juste incroyable. Dès lors que j’ai quitté l’INSEP c’était une idée qui me trottait dans la tête. Un besoin de retour aux sources, d’un point de vue personnel et dans l’approche de ma pratique sportive aussi.

Le sujet des Binationaux est d’actualité, dans tous les sports. Je pense sincèrement que c’est un plus. Cette double culture est complémentaire et maintenant je fais le choix d’exporter mon savoir-faire vers le Mali. Cela m’a toujours paru logique car je le répète, je n’oublie pas d’où je viens. Je rêve d’apporter une médaille au Mali surtout que c’est une petite fédération, chaque médaille a de grosses répercutions sur les pays alentour et sur l’Afrique en général. On le voit en Côte d’Ivoire où Muriel Ahouré constitue le fer de lance du sprint Africain.

J.A: Can you explain your choice to compete for Mali?

B: It is something that has been important for me and my parents. Reppin’ for where your roots are is gold!! I had that idea when I left INSEP; as if I needed to go back to where I come from, to my origins.

I really think one is lucky to have been raised in two cultures; it’s a real bonus. Each culture is an additional value to the other and now is the time for me to export my knowledge to Mali. It has always been logical to me as I told you earlier: I’ll never forget where I come from. I dream of bringing Mali a medal; indeed, each medal can bring so much benefits to Africa in general. See how Muriel Ahoure is the spearhead of Ivory Coast and of African sprint?!

J.A: Après ta carrière tu aimerais t’investir pour l’Afrique?

B: Oui. Pour l’heure c’est un beau challenge de représenter une petite fédération Africaine. Mais dans un futur proche oui, pourquoi pas participer à la recherche et au développement de nos fédés car il suffit de regarder l’origine de beaucoup d’athlètes en Equipe de France. Beaucoup sont originaires d’Afrique et il est sûr que le talent brut est là. Il est question maintenant de le développer et le fructifier.

Aujourd’hui ma fierté c’est aussi d’inspirer d’autres athlètes et montrer que l’on peut avoir de gros objectifs en étant au sein d’une petite organisation ou fédération. Ce n’est pas parce que tu vis à Dakar ou Timbuktu que tu ne peux pas prétendre à être Champion du Monde. Ok, il te manque peut-être les infrastructures mais tu as “2 bras et 2 jambes” comme tout le monde.

J.A: So when your career is over would u invest time and energy for Africa?

B: Yes. For the moment it is an exciting challenge to represent a tiny federation, but next, why not taking part to the research and development of our federations. Take a look at heaps athlete’s origins: many come from Africa; they’re diamonds in a rough. Now is the time to let them shine.

I’m now proud to inspire other athletes from small countries and showing them that they can have big tangible dreams too. You could be from Dakar or Tombouctou, you’re just like any athlete. There’s no holding back.

J.A: C’était relevé les Championnats d’Afrique?

B: Oui il y’avait un bon niveau et de très bonnes conditions. J’ai un petit regret car j’aurais aimé honorer ma première sélection avec une médaille mais après mes deux années de coupures j’étais un peu short. C’est dommage car les chronos que je fais aujourd’hui en année de reprise m’auraient permis de monter sur le podium. Mais avec des “si” on refait le monde… Au moins j’ai eu une première expérience dans ce type de compétition, j’ai pu rencontrer les cadres de la Fédération Malienne et jauger le niveau africain. Vivement la prochaine édition!!

J.A: Were the African Championships competitive?

B: Yeah, the level was really good. So were the weather conditions. I would have liked to celebrate my first appearance for Mali with a medal, so that’s a bit of a regret. But after spending two years outta track I wasn’t sharped enough. It’s a shame cuz the time I run at the moment would have placed me on the box…but if wishes were horses, then beggars would ride.

The African Championships were a solid first experience where I could take a glimpse at the general level in Africa. Can’t wait for the next edition!!

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J.A: Parlons de tes cicatrices; accidents de travail ou accidents de vie?

B: Les deux.

La plus grosse là, c’était pendant les Championnats d’Europe espoir. Je suis parti comme si j’allais courir un 100m sauf que….. y’avait une haie quoi, (rires). Dès la 1ère haies je me suis dit, oh merde!!! Résultat, belle gamelle et comme on était en Hongrie ils m’ont désinfecté à la dure: alcool à 200% , genre Whisky et torchon dans la bouche; pas de Biafine, rien… Ça a très mal cicatrisé.

Les autres ce sont surtout des haies que je tape à l’entraînement, et oui: on n’a rien sans rien.

Il y a aussi des cicatrices par rapport à des bagarres ou des petits embrouilles d’ados hein, rien de méchant.

JA : Let’s talk about your scars; work-related or life-related?

B: Both.
The biggest-one right here, that happened during the U-21 European Championships. I rushed outta the starting-blocks as if it was a 100m dash but the thing is that…there was a hurdle; lol. And straight from the 1st hurdle I crossed all I could tell myself was “Holly shit!”.
Matter of fact, I stumbled fuckin’ hard and as the competition took place in Hungary, they disinfected me the Hungaryan way: the hard way: some pure whiskey on the wound while I was biting some towel. No coagulant, nada… That scar is pretty ugly.
Most of the other scars are the result of the hurdles I hit when I train: no pain, no gain!
I also have some scars that were caused by a few fights I got into when I was a teenager, nothing serious, nothing too bad.

J.A: Ayant grandi avec ta mère, comment juges-tu ta relation avec tes coach?

B: J’ai toujours eu de bonnes relations avec mes entraîneurs. En France c’est surtout avec Le Tellier que j’ai travaillé. Il a toujours été là pour moi mais m’a peut-être un peu trop préservé. C’est vrai qu’il m’a souvent vu me blesser aussi…

Ce que j’aime avec Bobby aujourd’hui c’est qu’il me pousse à tous niveaux. C’est quelqu’un qui est proche de ses athlètes et est beaucoup dans l’échange. À l’entraînement il sait être dur et en dehors il est beaucoup dans l’échange. Ça nous arrive d’aller voir un match de foot ensemble, il me fait découvrir la ville et me donne des tips aussi.

J.A: How would you describe your relationships with your male successive coaches, knowing that you grew up with your mother?

B: I’ve always had a good relationship with my coaches. In France I mostly worked with Le Tellier, who’s always been there for me but who also preserved me too much maybe… I can’t blame him for that as he saw me getting injured so often in the past…

Now what I like with Bobby is that he pushes my limits; mentally, physically…for everything. He’s close to his athletes and like to have conversations with us. When training us he knows when to be hard on us but outta training he’s a real discussions enthusiastic. We go and watch football games from time to time. He also gives me tips and makes me discovering the city.

J.A: Est-ce une dureté dont tu avais besoin?

B: C’est vrai que le coach peut basculer d’un extrême à l’autre. C’est son rôle aussi…

Quand il porte son tee shirt jaune avec un smiley floqué dessus, on sait qu’on va mourir. (Rires). Chaque fois qu’il le porte c’est synonyme de séance hardcore.

Mais avant-tout, Bob Kersee est un coach expérimenté. Il sait te donner ce dont tu as besoin: il est dur quand il le faut et sait aussi te donner une tape sur l’épaule pour t’encourager ou un jour de repos plutôt que de flinguer ta semaine d’entrainement ou carrément ta saison. Au final, il a une façon de faire qui me correspond et dont j’avais besoin. C’est clairement un mentor.

J.A: Is it a roughness you needed?

B: It’s true that coach Kersee can be Dr. Jekyll or Mr. Hyde, but that’s his role.

When he wears that shirt with a yellow smiley printed on it, we all know the training will be painful. I swear, evrytime he wears it a hardcore session begins, lol.

Above all, Bob Kersee is a coach of knowledge and experience: tough for our benefits, conciliatory when necessary.

I love his philosophy. He’s a true mentor, definitely.

J.A: L.A: Hollywood Blvd ou Campton?

B: J’habite à Inglewood!! Ça veut tout dire.

J’ai vécu aussi à Culver City qui n’est pas loin de Venice Beach, Santa Monica; mais j’aime la mixité et les quartiers populaires. C’est dans des coins comme ça que j’ai grandi et du coup Inglewood c’est parfait.

Je pense que j’y vivrai définitivement un jour.

J’aime aussi ce faux paradoxe de réussir même si tu viens du quartier. Et comme aux USA on valorise vraiment la réussite, Inglewood ça me va très bien.

J.A: L.A: Hollywood Blvd or Compton?

B: I live in Inglewood!! Nahmean?!

I also lived in Culver City which ain’t far away from Venice Beach, Santa Monica… But what I like is social diversity. I grew up in areas like that so Inglewood is perfect for me. I think I’ll settle down there one day. The (false) paradox of making it even if you’re from the hood is an idea that I like. And as in the US success is rewarded…

J.A: Y’a quoi dans ton iPod ?

B: Y’a de tout hein ! Y a de la musique malienne, du Salif Keita, du Bob Marley, du Dr.Dre (normal) The Roots, j’avoue j’ai honte de le dire : David Guetta ! Du Booba, du 113. J’écoute tout ! Généralement ce que je fais, même pendant les compétitions, je mets ma playlist en mode shuffle et j’écoute la musique qui arrive tout simplement de mon iPod.

J.A: What’s in your iPod ?

B: Everything! From Salif Keita to Dr. Dre via Bob Marley, The Roots, Booba, 113, also, shame on me but, I got some David Guetta too…

In general in competition I just set my iPod on shuffle mode so I can vibe with whatever track playin on.

J.A: Comment définierais-tu ton identité street sur la piste ?

B: En fait, je pense que c’est plus un état d’esprit parce que c’est pas spécialement un sport de combat. Mais je dirais que ça se traduit plus par une philosophie où je sais que je dois bosser, rien ne m’est acquis donc je pense que je me bats sur chaque séance j’essaye de donner le meilleur de moi-même, j’essaye d’accéder à quelque chose tout simplement, je pars du principe que tout est remis à zéro surtout dans l’athlé, à chaque compet’ tu as 7 adversaires, on est 8 gars, statistiquement on a tous les mêmes chances de réussir donc celui qui va franchir la ligne en premier c’est celui qui en voudra le plus. Mon identité street c’est aussi ne pas se prendre au sérieux, je suis obligé de rigoler je dirais pas non plus sans gène parce qu’il y a un minimum de respect à avoir, faut rester concentré. Je dirais tout simplement pas se prendre au sérieux ! C’est bizarre comme réponse mais, ouais…

J.A: What is the parallel between your street DNA and your practice?

B: It’s a state of mind where I keep in mind that I gotta put on work and never taking anything for granted. I give 100% of myself, everyday!! In T&F things always come back to zero. 8 guys in the starting-blocks but only one will take the win: the hungriest one!

My street DNA is also being serious but not taking things too seriously. There’s always room for fun as long as respect is involved.

J.A: Qu’as-tu pensé de Jeune Athlete?

B: Je me suis dit que c’était intéressant parce que c’était nouveau; je suis quand même un peu actif dans les réseaux sociaux et j’avais pas vu d’initiatives comme ça, ça change de toutes les bloggeuses qui se sentent plus parce que ça y est elles ont eu un petit partenariat ou elles ont eu une interview de quelqu’un ou une petite dotation d’une marque… Donc j’ai trouvé intéressant de sortir de ce schéma des réseaux sociaux et j’aimais bien ce projet de mettre en avant des personnes qu’on voit pas forcement et ça, ça m’a plu c’est différent : des athlètes masculins alors que d’habitude c’est une représentation féminine, ça change un peu et aussi le coté un peu street!! Souvent des athlètes qui ont un parcours atypique on essaye d’expliquer et les mettre en avant et en savoir un peu plus. Oui ça j’ai aimé !

J.A: What was your 1st idea of Jeune Athlete?

This page got me interested straight away. From what I saw on most social media, there was nothing like Jeune Athlete. I love it. It is so different than all the blogs and the people behind who pretend to be the shit just because a brand geared them up, or because they give advice to people… I like Jeune Athlete because it’s something that goes outta boundaries and show another vision of what sport is. For one time we see men, practicing in areas that always remain second zones or unseen. Promoting athletes that are different, I like that!!

Processed with VSCOcam with hb2 preset

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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