Laura

 

JA: Laura tu es fille unique née de parents sportifs. Que t’ont apporté ces deux caractéristiques?

Laura: Ma mère a fait du basket, un peu de sprint et de saut en longueur. Mon père était footballer d’abord au Cameroun puis au sein de plusieurs clubs de bon niveau en France. Malheureusement après s’être blessé il a dû tout arrêter.

Ma mère m’a toujours encouragée à faire du sport : elle est la première à m’avoir envoyé faire de l’athlé alors que je voulais faire du basket. Mais bon, comme mes cousines s’y essayaient et que le stade était plus proche de chez nous, ça a été l’athlé et j’ai aimé direct! J’ai aussi aimé parce qu’à 6 ans quand tu commences tu fais surtout des jeux etc… Si j’avais commencé par de grosses séances, direct, ça n’aurait pas été la même histoire! Voilà, 15 ans d’athlé derrière moi et c’est un kiff. Et puis quand tu as tes parents qui aiment le sport et qui t’encouragent ça te donne l’envie de faire et de bien faire. En plus, faire plaisir à ses parents c’est toujours beau à voir. Je n’ai grandi qu’avec ma mère, depuis le début j’ai tout son soutien, donc même après 15 ans d’athlé c’est toujours une chance de sentir que quelqu’un est derrière moi.

JA: Laura, you were born as an only child from two parents who practiced sport activities. What did you benefit from these two characteristics?

Laura: My mother practiced basketball and some sprint and long jump; My father played football at a good level in Cameroon first before joining several clubs here in France. Unfortunately he eventually had to give up due to an injury.

My mother has always encouraged me to practice sport; she’s the one who took me to Athletics despite my will to practice basketball. But as the stadium was closer to our place than the gymnasium was, plus my older cousins were trying Track & Field too, so I couldn’t avoid it. I even loved it straight away. Mostly because starting Athletics at 6 years old is a lotta fun, the practice is game oriented. I guess it wouldn’t have been the same if I’d started with intense tempo sessions, lol.

So yeah, I started Athletics 15 years ago and I still feel a big pleasure. Plus when you have your parents behind to push and support you it gives you the motivation to do something and to do it good. How beautiful it is to make your parents feel happy.

I grew up with my mother; since the beginning she’s been my support system so even 15 years later I think that I’m lucky to know that she’s got my back.

Laura

JA: Être métisse ça parait commun mais c’est particulier tout de même. Comment le vis-tu?

Laura : Petite, on m’a déjà dit “oh la noire, t’as rien à faire ici!”…

Qu’on ne me demande pas si je me sens plus blanche ou plus noire : je suis métisse et j’en suis fière.

Ayant été élevée par une mère blanche, j’ai surtout reçu une culture française, mais mon métissage je le vis très bien, je l’ai toujours bien vécu.

J’ai grandi en HLM dans un quartier multi ethnique et c’est vrai que j’ai toujours aimé être au milieu de plusieurs cultures. À l’école ça se passait bien, sauf au lycée où niveau blagues racistes c’était abusé quand-même… Mais bon, après j’ai changé de lycée, je suis venue à Nantes en Sport/Études et là ça allait, il y avait des blancs, des noirs (beaucoup), des arabes, des asiats, donc voilà, dans la mixité ça se passe toujours mieux.

“A la base je compte d’abord et toujours sur moi.”

JA: Growing up as a mixed child seems very common now but we both know it is something particular. What’s your feeling about it?

When I was a kid some nasty words came to my ears like « Negro! There’s nothing for you here! » …

I won’t let anybody ask me wether I feel more white or more black; I’m a mixed girl and I’m so proud of it.

Of course I mostly received from the French culture as I was raised by a white woman, but this intermix of mine has always suited me so well.

I grew up in a multiethnic neighborhood, indeed I’ve always loved being surrounded by different cultures. At school it was ok, except in high school where I heard too many racist jokes. Then I attended a sports-study school in Nantes where everything worked just fine with white kids, black kids (a lot), asians, arabics … once again things work always better in a multicultural environment.

I don’t know much about my Cameroonian roots but I’m hungry for them; it’s 50% of me. I have family there and last time I went there I was 6 years old. Me and my cousins are planning a trip over there in two years.

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JA: Basket puis saut en hauteur…sport collectif puis individuel ; Tu as grandi sans père… Y’a-t-il ce besoin d’indépendance dans ta personnalité?

Laura : À la base le basket c’était pour être avec des gens car c’est dur d’être fille unique quand-même. J’aurais bien aimé avoir des frères et sœurs à l’époque, pour s’amuser, pour se bagarrer aussi… Bon au final j’avais mes cousins pour ça, haha.

Je dirais qu’en grandissant j’ai éprouvé un besoin de contrôle car je ne supporte pas la défaite et en sports co, il aurait suffit qu’un coéquipier ne se donne pas pour que ça parte en dispute. Aujourd’hui je me rends compte que pour réussir il faut compter sur soi-même avant-tout, donc pour ça l’athlé c’est bien. Évidemment ma famille, mon coach, mon club, ma ville, mon cercle proche sont un vrai plus, mais à la base je compte d’abord et toujours sur moi.

JA: In the beginning it was Bball but finally High Jump… An individual sport over a team game; You grew up without your father… Would you say that in your personality you’ve always sought to be independent? Even subconsciously.

Laura: In the beginning I wanted to play Bball to have people around me cuz it’s a bit hard to grow up as an only child. Back in the days I would have loved to have brothers and sisters to have fun and to fight also; at the end of the day I had my cousins for that, haha!

I would say that time after time I felt the need of controlling cuz I can’t stand the defeat and in a team-game, one lazy team-mate would have been enough for me to become upset. Today I realize that if you wanna succeed you have to count on yourself; Track & Field is perfect for that. Of course my family, my coach, my club, my hometown, my close-circle in general are important as a support system, but rule number one is to always count on myself first.

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JA : Comment ça s’est passé au sports/études?

Laura : Alors il y avait 32 élèves, 8 par classe et seulement 3 filles… Je me suis retrouvée à être la seule fille dans la classe la plus turbulente avec en majorité des footeux du FC Nantes mais aussi des basketteurs, un rugbyman et même un spécialiste du Motocross.

“C’est clair que vu comment on charbonne dans l’athlé, on mérite pus de reconnaissance que ça.”

C’était un peu dur au début car étant la seule meuf, ils m’en ont fait baver tant par leurs gestes que par leurs mots. Ils me prenaient pour un garçon, ça me bousculait comme si j’étais un bonhomme, mais comme c’est dans ma nature de ne pas me laisser faire et que j’avais du répondant, ils m’ont vite acceptée et respectée.

JA : How was the sports-study school like?

Laura: We were 32 pupils, 8 of us in each class-room but we were only 3 girls… I was the only girl among the most boisterous class-room with a lotta young football-players from FC Nantes but also some rugby-players, Bball players and even a motocross specialist. It was a bit hard in the beginning cuz I was the only girl and by their words and acts the boys didn’t do me no favor at all. They just treated me like a boy but as it’s in my nature to react they quickly respected and accepted me.

JA : À 15 ans les footeux gagnaient déjà plus que les profs: quel était ton sentiment par rapport à ça? À leur place ça t’aurait tourné la tête?

Je ne pense pas. Ma mère se serait occupée de placer l’argent ; elle a toujours été là pour me remettre les idées en place. Après c’est vrai qu’à 15 ans on a plein de besoins futiles mais bon, je ne pense pas que j’aurais fait la folle. Je n’étais pas à plaindre donc NON, ça ne m’aurait pas fait tourner la tête.

JA: At 15 y.o the young football players earned already more than the teachers; what was your feeling about that? Had you were in their place, do you think you would have lost your mind? 

Laura: I don’t think so. My mother would have taken care of the money; She’s always been here to help me keep a fresh mind. Of course at 15 y.o you’re full of useless needs but I really don’t think I would have gone crazy. There was no need to feel sorry for me either, so NO, that money wouldn’t have changed me.

JA : Est-ce à ce moment là que tu t’es dit que toi aussi tu vivrais de ta passion?

Laura : C’est vrai qu’en côtoyant les footeux je me disais “Putain, c’est le kiff d’être payé pour vivre sa passion et gagner”. Ça me motivait à me donner les moyens de réussir dans mon sport mais bon, j’ai toujours su aussi qu’il n’y avait pas d’argent dans l’athlétisme donc…

“En France, on aime les sportifs de haut niveau que dès qu’ils ramènent la médaille.”

D’un autre côté quand tu gagnes pas mal en étant jeune, tu attires les gratteurs. Moi au moins, je n’ai pas ce problème, lol. Mais c’est clair que vu comment on charbonne en athlé on mérite plus de reconnaissance que ça.

JA: Was it at that time that you told yourself that you would do your best to earn money from your passion?

Laura: It is true that by being among the soccer players I told myself that being paid for living your passion and for winning is a bliss. That gave me the motivation to train hard and to succeed but also, I’ve always known that it’s hard to make a living with Athletics…

On the other hand, when you earn a lotta money at a young age, it’s easy to attract gold-diggers; At least I don’t have this problem, lol. But to be honest, in Athletics the grind is so intense that we deserve more recognition than how it is today.

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JA : C’est un sujet d’actualité; il y a eu un documentaire là dessus récemment (Complément d’Enquête); ce manque d’argent et de reconnaissance, est-ce un frein à la performance?

Laura : Oui, dans certains cas ça peut être un frein. Comment veux-tu atteindre le très haut-niveau ou juste franchir ce palier en ayant un boulot à côté de tes entraînements?! Ça épuise, tu es moins concentré à l’entraînement, tu risques la blessure, la démotivation pour certains.

J’ai parfois l’impression que les gens pensent que l’athlé c’est la blague; on perf’ au niveau international mais il y a un manque de considération, sérieux! Même au niveau scolaire; dans mon cas les horaires ne sont que très peu aménagés à la fac. Et puis l’athlé à haut niveau ça coûte cher en soin, en équipements (regarde les décathloniens!!). C’est comme si en France on aime les sportifs de haut-niveau que dès qu’ils ramènent la médaille. Alors que la majorité sont à deux-doigts de passer le fameux cap. 

Mais tu sais quoi, je travaille dur à l’entraînement et quelque part cette situation est une motivation supplémentaire. Je vais vous montrer que malgré vos freins je peux réaliser de belles choses. Et comme on ne peut compter que sur soi-même…

JA : It’s a hot topic; French TV recently showed a documentary about that (Complément d’enquête); is the lack of money and recognition a drag on the overall performance?

Yes, in some circumstances it is. How do you wanna reach the topmost or just make a turning point by training and having an exhaustive job on top of it? Most of the time the result is that you loose focus, motivation, you risk an injury…

Sometimes I feel like people think that Track & Field is a joke; Some of us are international performers but are neglected. Even at school it’s a struggle to arrange my timetable around my sport activity. Plus when you (wanna) reach a certain level Track & Field is expensive (physio, equipments)… Those who compete in Decathlon/Heptathlon know what I’m talking about. In France it’s like we only love our athletes when they bring a medal home. 

Most of us are that close to reach a higher level, but you know what, I’m just gonna keep on training hard. This situation is a source of motivation. Plus as I can only count on myself…

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JA : As-tu peur que ça ne marche pas? As-tu déjà douté?

Je m’investis beaucoup, qui sait si ça paiera… Mais en tout cas je ne lâche pas l’affaire. J’ai la chance de faire de l’athlétisme, chaque jour je vis ma passion et je prends du plaisir même dans la difficulté.

JA: Are you scared to fail?

Laura: I invest a lotta time and energy, who knows if it’ll be fruitful… One thing for sure, I’m not giving up. I’m lucky to practice, everyday I’m living my passion and despite the complexity the pleasure is tremendous.

JA: Le niveau du saut en hauteur est peu relevé en France: est-ce un inconvénient ou une opportunité pour toi?

À la hauteur on est un peu “le parent pauvre de l’athlé”. Ça aussi, c’est un frein. C’est dommage qu’on n’ait pas de stages de regroupement avec le top 10 français, histoire de se tirer vers le haut et d’avoir une forte cohésion en Equipe de France. Surtout qu’on s’entend bien, qu’on a franchi des caps ensemble et en même temps avec les filles quand on était plus jeunes.

Je lance un appel à la fédé. 

Entre-nous toutes il y a une concurrence saine, autant en profiter. Dans les sauts, en général il y a une bonne mentalité. Regarde les Tamgho, Compaoré, Taylor, Barshim, Beitia… Il faut en profiter. 

JA: There’s no real density in High Jump in France at the moment; is it an opportunity for you or a disadvantage?

High Jump is the « poor relative » of Athletics, which is another drag on the overall performance. I’d love to have more training camps with the top 10 high jumpers of the country, so we could progress all together and keep up the motivation and cohesion in the National Team. Moreover there’s a positive relationship between us all, we’ve known each other, we progressed at the same time with the girls…

Here’s a call on the Federation.

Between us the competition is fair, let’s take advantage of that! That is the general state of mind in jumping; just take a look at the Tamgho, Compaoré, Taylor, Barshim, Beitia… Let’s make it happen!

“Vu que je suis la sauteuse la plus nulle de France, je dirais que j’ai des qualités naturelles innées.”

JA: Ça tombe bien que tu en parles: les sauts, c’est la folie depuis quelques temps là.

Grave! Il y’a une grosse densité et une nouvelle approche, dans tous les sauts. Les records du monde sont menacés; on a des athlètes qui tirent tout le monde dans le bon sens, le public commence vraiment à faire partie du show. Franchement ça rend fière d’être une jumpeuse.

JA: Talking about the overall situation in Jumping: what a crazy period we’re in!!

Yeah man! There’s been a shift in the performances and the approach. The World Records are threaten; we have athletes who upgrade the community and the spectators are really involved in the show. i’m so proud to be a high-jumper!

JA : Quand on est habituée des podiums depuis les catégories jeunes, ça met une pression supplémentaire ou bien ça donne de l’assurance?

Ni l’un ni l’autre. Mes podiums c’est du passé. Bien sûr que monter sur la 1ère marche dans son pays c’est le kiff, mais aujourd’hui je vise plus haut : Le ciel n’est pas une limite! Aujourd’hui moi c’est l’Équipe de France que je veux représenter au plus haut niveau.

JA: Since the Youth categories you’ve been used to be on top of the box; do you feel the pressure to confirm now on or does it give you more confidence?

Neither of them. The good results I had in Youth categories are left behind. Of course it’s an absolute pleasure to stand on top of the box at the Nationals but today I’m aiming for more: the sky ain’t the limit! I wanna represent the French Team at the highest level.

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JA : À la base tu es douée ou tu as dû charbonner dur?

Vu que techniquement je suis la sauteuse la plus nulle de France, je dirais que j’ai des qualités naturelles innées. Mais maintenant il faut vraiment que j’améliore ma technique si je veux décoller. Il y a du boulot…mais ça ne me fait pas peur. J’ai une grosse marge de progression, il faut être patient et bosser. J’y arriverai.

Et puis si j’enchaîne les concours avec des filles performantes, un public qui clappe fort etc… , il n’y a pas de raison pour que dans ce genre d’atmosphère ça ne décolle pas.

JA: Would you say that you have a gift for High Jump?

Technically, I’m the worst in the whole country!! I think I have natural abilities but now, I really have to improve my technic if I wanna lift off. It’s a lotta work but this doesn’t scare me. My potential is huge, I just gotta be patient and keep on working hard. I will make it.

Plus, if I compete among the best, in a loud atmosphere, there’s no way for me to fail. 

“I grew up with no dad and no bundaries. In consequence, this rage that no male figure could channel, I transfer it into my jumping.”

JA: Tu as récemment fait face au décès de ton papa et nous te présentons nos sincères condoléances; comment fais-tu pour avancer malgré tout?

C’est vrai que nous n’avions pas un lien fort lui et moi, mais c’est toujours une claque dans la gueule quand tu apprends ce genre de nouvelles. J’ai eu une période un peu en dedans mais je suis une battante, j’essaie de ne pas me laisser déborder par mes émotions et je me bats pour lui aussi. Il était mon père, je ne l’oublie pas.

JA: We address you our sincere condolences as your dad recently passed away… How do you keep up?

Me and my father didn’t have a strong connection or relationship but these kind of news always slap you hard in the face. I went through a low period but I’m a fighter; I bounce back and won’t let my emotions overwhelm me. I do it for him; he was my father and I can’t forget about that.

JA: Quels aspects de ta vie tu transposerais dans l’athlé, et vice-versa?

J’ai été élevée par une mère seule, qui m’a toujours soutenue dans tout, et qui m’a laissé faire ce que je voulais. Je crois même que je lui en ai fait baver par moment. Bref, petite, je n’avais pas de père, pas de limites, pas d’autorités. Du coup ce côté “rage” qu’aucune figure masculine n’a su canaliser, je le mets dans mes sauts.

Et puis quand tu grandis en tant que fille unique tu dois toujours essayer de prouver que tu existes, que tu es capable de. Car parfois tu te sens seule quoi. Du coup ça aussi ça forge pour la “bagarre”, en particulier quand tu es aux pieds du mur.

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JA: Which aspects from your life would you transfer into Athletics? 

My mom raised me on her own and she’s always been my number one fan, she even let me do everything I wanted. When I look back, I think I gave her hard times.

Anyway, I grew up with no Dad and no boundaries. In consequence, this rage that no male figure could channel, I transfer it into my jumping.

Plus when you grow up as an only child you always try to prove that you exist and that you can do stuff; sometimes you feel lonely but it also teaches you to be ready to fight, especially when you’re back against the wall.

JA: As-tu des idoles, des gens qui t’inspirent? Et pourquoi?

Il y a des gens qui m’inspirent, ouais. Marie-José Perec, la Gazelle. Elle a porté le sport français sur ses épaules, un peu comme le fait Teddy Riner en ce moment.

Il y a Che Guevara, en plus on est nés le même jour; mon côté rebel doit venir de là, haha!

Mais en vérité, je n’ai pas d’idole. La seule et la vraie c’est ma Maman: elle est indétrônable. Moi, je préfère faire et ne pas me laisser trop influencer par untel ou untel; j’écris ma légende et qui sait, un jour je serais peut-être l’idole de quelqu’un, haha!

JA: Do you have idols or people that inspire you, and why?

Yeah, some people inspire me, indeed! Marie-José Perec, « the Gazelle ». She carried french sport on her shoulders the same way Teddy Riner does it. Che Guevara also inspires me, plus we were both born on June 14th; that is probably where my rebel attitude comes from, haha!

But to be honest, I have no real idol except for the one and only: my Mom. She’s unputdownable.

I prefer not being influenced by that guy or the other; I focus on myself, I’m writing my own legend and maybe one day I’ll be someone’s idol, who knows…

JA : Quel est ton rapport à l’Afrique, le Cameroun?

L’Afrique ça m’évoque l’espoir et la difficulté. Il y a une telle énergie là bàs…

Quand nous ici on se plaint du peu de moyens ou d’infrastructure, là bàs eux ils y mettent tout leur coeur pour des questions de vie ou de mort parfois. J’aimerais trop y faire un stage d’entraînement, histoire que ça nous remette les idées en place, qu’on bosse dur et puis surtout, qu’on connecte avec la culture africaine.

JA: How do you feel about Africa and especially Cameroon?

When I think about Africa I see Hope and Complexity. There’s so much energy there!!

Here in France, we complain about our lack of money and facilities, but how is it in Africa? Over there they put their heart on the table, sometimes for a question of life or death.

I’d like to do a training camp in Africa; that would put ones ideas back in place and we would work even harder; But most of all I really wanna connect with the African culture.

“I wanna tell women that we are strong entities, no matter the field. We can do way more than what society is trying to dictate.”

JA: Le Cameroun, l’usine à champions (Maryse Ewanje-Épée, Gwladys Epangue, Audrey Tcheumeo, Earvin Ngapeth, Antoinette Nana-Djimou et tant d’autres…). Des origines que tu as en commun avec un certain Teddy Tamgho…

Teddy c’est LE fer de lance, le leader et l’icône du saut en France. Que ce soit dans la performance ou dans la mentalité. Ce que j’aime chez lui c’est qu’il est toujours là à transmettre et encourager la génération future. Il m’encourage beaucoup, et je ne suis pas la seule. Pourtant je pourrais me demander ce que j’ai du haut de mes 21 ans pour qu’il me soutienne comme ça. 

Franchement quand Teddy te parles, tu écoutes et tu as envie de réussir, d’en faire plus.

Je crois toujours en son come-back et j’espère qu’il va vite se rétablir. Un lion ne meurt jamais.

JA: Cameroon is a real champions factory, ( Maryse Ewanje-Épée, Gwladys Epangue, Audrey Tcheumeo, Earvin Ngapeth, Antoinette Nana-Djimou and many more…). Origins that you have in common with some dude… known as Teddy Tamgho…

Teddy is THE leader and icon of Jumping in France. His performances and mentality speak for him.

What I love about him is the fact that he’s always here to support and to transmit something to future generations. Sometimes I wonder why he is so much here to encourage the 21 y.o that I am. And I’m not the only one.

Seriously, when Teddy is talking, you just listen and get hyped. He’s an immense source of motivation.

I still believe in his comeback and I truly hope that he will quickly recover. A lion never surrenders.

JA: Quel a été ton premier regard sur JA?

Je follow depuis le tout début. J’étais tombée dessus par hasard mais la qualité des photos, des gestes, des actions m’ont tout de suite fait kiffer.

Dans JA il y a une émotion dans laquelle je me reconnais. C’est touchant et surtout, c’est particulier. On voit tout de suite le point commun qui est le sport, l’effort, et même si les couleurs sont un peu dark on ressent ce côté “je lâche tout dans le sport”. Moi dans JA je vois les mots: différents / no limit / rassembler / plaisir. Ça manque de femmes mais ça donne envie de creuser. 

Et puis franchement, on se sent bien avec les JA!

JA: What was your first feeling about JA?

I’ve been following you guys since day one!! I stumbled across your Instagram page by chance and the quality of your pictures and actions got me really into it.

I don’t know, in JA there’s a general vibe that I deeply connect with. It’s particular. Immediately, you can see the link with Sport, the effort, and even though the general colors are dark you can feel some kind of letting things go through Sport.

When I think about Jeune Athlete, I see the words: different / limitless / to gather / pleasure.

There aren’t many women on it but it’s really appealing.

It feels good to be with the JA crew!

JA : Merci pour ces mots; ça donne de la force! Merci aussi d’être la 1ère femme sur JA; on trouve ton parcours et ta mentalité inspirante. As-tu un message pour les meufs en général?

Et bah voilà, comme ça y’en a pas que pour les mecs, lol. N’empêche que je suis fière d’y être la première.

J’aimerais dire à toutes les femmes qu’on est fortes, dans tous les domaines et qu’on sait faire beaucoup plus que ce que les codes de société essaient de dicter.

Malgré que les hommes soient mieux payés, plus crédibles etc… Nous sommes capables de soulever des montagnes. Nous sommes capables de faire du sport à haut-niveau, nous sommes capables de nous faire-mal. Je pense qu’il ne faut pas avoir peur de développer sa musculature; une femme reste une femme et elle n’a pas besoin de suivre les codes pour se révéler.

JA: Thank you for your words. And thanks for being the first woman on JA; Your journey and mentality are really inspiring. Do you have anything to tell to women in general?

There you go!! It’s not only for men. I’m proud to be the 1st one though. I wanna tell women that we are strong entities, no matter the field. We can do way more than what society is trying to dictate.

Despite men earn more money, have more credit etc… we are able to move mountains. We are able to practice and compete at a high level, able to push our limits.

I think we don’t need to be afraid of developing our strength; a woman remains a woman. She doesn’t need to follow society’s rule to reveal herself. 

JA : Si il y avait une chanson pour résumer le concours parfait, ce serait laquelle?

Déjà à l’échauffement je ne mets que des sons qui bougent comme ça je reste bien active dans le truc. La meilleure pour ça c’est “Jump” de Rihanna. J’avais battu mon record avec ce son en musique d’ambiance dans le stade et depuis, c’est mon son.

JA: Which song would sum up the ideal competition?

When I warm up I only play uptempo beats so that I remain active. The best song for that is Jump, by Rihanna.

Plus I scored a new PR while competing with that song in the background; since that day, this song is mine.

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JA : On te donne la caméra de JA, tu shooterais qui et pourquoi?

Bonne question… En plus je n’ai pas vraiment d’idoles, c’est une colle là…

Je ne sais pas, je dirais:

  • Mes collègues d’entraînement pour montrer à quel point ils sont déterminés.
  • Kostadinova, parce que je m’intéresse à l’histoire de mon sport et j’aimerais comprendre comment elle est arrivée à ce record du monde (2.09m).
  • Michael Jordan. J’adore le basket. Je sais qu’il y a déjà plein de documentaires sur lui, le « GOAT », mais faire un sujet sur Monsieur Jordan, de ma propre main et mes propres yeux ce serait énorme. Allez, c’est quand que vous organisez une petite rencontre là? lol.

JA: OK, now we give you our camera. Who would you like to interview and do a photoshoot of?

That’s a very good question… I told you I have no real idols.

I would say:

  • My training partners so that I can show you how hungry they are.
  • Kostadinova, cuz I’m curious about my sport and I wanna understand what was the process behind her World Record (2.09m).
  • Michael Jordan. I love Bball. I know, there are already so many documentaries, DVD’s and all about the GOAT, but being able to do a subject with and about « Monsieur » Jordan, with my own hands and eyes would be paramount.

C’mon guys, let’s schedule a meeting now!

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