Dany

Dany

 

 

JA : Ca fait combien de temps que tu fais de la boxe thaï là ?

How long have you been doing muay thaï?

D : Ca fait 7 ans là. En fait quand j’étais au collège j’avais commencé par le Kick. Le Kick Boxing c’est juste pieds/poings, et j’ai kiffé direct ! Parce que j’ai fait beaucoup de sports tu vois mais quand je suis tombé dans le kick, je rentrais chez moi j’étais lessivé !
Les autres sports je rentrais mais vas y tranquille, je me suis vidé, y’a rien, je peux encore jouer au foot à la cité.
Mais la boxe: je rentrais j’étais fané!! je me suis dit « ah ouais ok » c’est ça qu’il me faut. Donc j’ai continué.
À un moment je me suis arrêté parce que je commençais à trainer dehors, vas-y bon la street…
Dès que j’ai repris mes esprits, je me suis remis à boxer et là j’y suis allé à fond!

” J’suis pas un bagarreur, mes potes te diront, si Dany t’a enculé, c’est que t’as fait le con “


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I’ve been doin this since I was 7 years old. Actually when I was in high-school I started by doin’ kickboxing; You punch, you kick: I loved it immediately.
I practiced other sports before but you know you found your go-to sport when you come back home tired as fuck! That’s how I felt with kickboxing and that’s exactly what I needed.
Other sports got me like: “I still have the energy for a football game downstairs”.
For a short period I stopped training cuz…you know, when the street puts its hold on you… But the moment I got back and gathered my thoughts I gave it 100%.

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JA : T’as toujours été un peu bagarreur?

Would u say that you’re a scrapper?

Non moi j’étais pas un bagarreur. Je vais pas chercher la bagarre dehors, on fait que rigoler mais s’il y en a un qui se barre en couilles, je vais lui montrer que moi aussi je sais me battre. Je vais pas le chercher ça sert à rien, ça a jamais été mon délire, mais casse moi les couilles, vas y on va se péta!
Et les gens c’est ça qu’ils avaient jamais compris chez moi en fait, tu vas à Noisy (le sec), demande aux gens à propos de moi, ils vont te dire « tu es fou, c’est un bon vivant il fait que rigoler ». Le jour où ils ont entendu que j’avais eu une embrouille avec un mec -tu vois il était venu à la cité il avait tiré sur les grands tout ça; moi le lendemain je suis revenu, bam bam, je l’ai démarré dans sa cité- un pote à nous il a dit « quoi, lui ?  c’est que tu as fait le con renoi, s’il t’a enculé c’est que tu as fait le con renoi » tu vois ?

Sinon, la Thaï j’ai kiffé, la discipline, l’hygiène de vie que ça t’impose, tu changes plein de trucs tu vois? Tu te sens bien, tu te dépenses bien, tu rentres tu es cuit ! Ca m’a évité plein de trucs ! A partir de là, j’ai arrêté de trainer dehors!
Je vais voir les gens quand j’ai besoin de certaines choses mais c’est plus traîner comme avant on traînait. Peut être une heure ou deux mais après je vais me barrer j’ai d’autres choses à faire.

Absolutely not. I ain’t lookin’ for no trouble. I seek fun instead; but if one goes over the limit I have to show him that I can fight, no problem.
That’s why people never got me. If you go to Noisy-Le-Sec and ask people about Danny they would all say that I’m that dude who’s a life enthusiast and who laughs heaps!
But I remember one time about that guy from another block. He came in my hood and bragged, trash-talked on everyone, even the eldests. The day after I went to his hood and I put things back together, my way!
If you hear that I kicked someone’s ass it’s only cuz they fucked it up!
Apart from that I’m the dude that loves the discipline and healthy lifestyle imposed by the Muay Thai. You feel good, you sweat a lot, you come back home totally exhausted! The Muay Thai kept me away from nasty things and mostly away from wandering aimlessly in the streets.

” J’ai fait des études c’est pour être chef de rayon, l’autre il vient d’arriver, il vient de sortir d’école et lui il est chef de rayon, c’est quoi le délire ? “

 

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JA : Tu dirais que ça t’a changé? T’étais comment avant?

Muay Thai has transformed you; how were you back then?

Je vais t’expliquer, j’ai fait mon école de commerce dans le 15eme, j’ai atterri à Convention, gros!! Rien à voir avec Noisy tout ça. Je suis dans un autre environnement. Maintenant quand j’ai repris les cours, j’ai repris pour faire le truc. J’avais pas fait longtemps mais le peu de temps que j’avais fait ça m’avait changé d’esprit. J’ai vu d’autres personnes ça m’a changé un peu.
Quand je suis arrivé à Convention je me suis dit « Ok je suis pas dans le même délire ». Je suis quelqu’un qui ne parle pas, surtout quand je sais qu’on a rien à voir. Chacun a son vécu, le mien a fait que quand j’arrive à un endroit et que les gens savent qu’on a rien à voir je vais pas parler. La meuf elle a 22 ans elle travaille chez Chaumet Place Vendôme, elle a déjà son appart,  on avait rien à voir.
Et quand je suis arrivé là-bas je suis arrivé comme tu me vois là, ils se sont dit «putain qu’est ce qu’on nous a ramené là…» Donc moi premier jour, j’en ai rien à foutre, tu penses ce que tu veux moi je sais qui je suis. Si je veux être mauvais je le serai, mais là je suis pas là pour être mauvais je suis là pour mes études.
Donc moi j’arrive et ils ont des a priori, et tu avais un Lituanien, Edgar, pendant deux ans il nous a saoulé avec des blagues racistes. Tu arrives à 8 heures,  à 17 heures il a pas fini. Deuxième année un jour je le vois comme ça, en plus les profs eux aussi sont dans le délire, ils lui disent “arrête!” , mais ils rigolent aussi, ça fait rire tout le monde. Il devait y avoir peut être deux ou trois re-noi dans la classe. Moi je parle pas parce que ça va lui donner ce qu’il veut. Un jour c’est un autre re-noi, il a pété les plombs « ouais tu commences à faire chier, Edgar!».
Moi je reste dans mon coin, Edgar il devient tout rouge « non mais moi je suis comme ça tout le temps, t’as vu Danny il dit rien ».
Ma réponse: « moi y a rien, le seul truc, Edgar, sache qu’on est dans le 15eme, à Convention, on est sur ton terrain, tu aurais été sur mon terrain je t’aurais éclaté le premier jour de la première année qu’on se serait vus! est ce que tu as bien compris ce que je viens de dire?» Et je lui ai dit tout ça avec mon plus beau sourire.Tu vois c’est un peu ça dans pas mal de situation où on te colle une étiquette et toi faut que tu jongles avec. Si y’avait pas eu la boxe, je me demande même si on me calculerait…

Lemme tell you. I studied in a business school in the fancy 15th district in Paris, at Convention: a whole new environment; miles away from Noisy. So that was after a long period out of school. I didn’t stay for very long there, but it did helped me see things differently; it opened my mind.
I remember my first days at Convention. I didn’t talk to nobody. We were sooo different, I thought we had nothing in common, nothing to talk about.
That 22 y.o girl working Place Vendôme, who owns a flat already and stuff… Uh uh, we were so different.

Why talking to each other? Especially when they had so many prejudices about me.
So that was me. You can think whatever you want about me, fuck it, I know what I’m here for and I know who I am. I can be a bad boy if you want me to, but that’s not the point. I’m here for studying.
I remember that guy; Edgar; a Lituanian. dany-16Cracking racist jokes for two years straight! Start your day at 8am … at 5pm he’s not finished!! Plus the teachers used to laugh to his jokes too, what a shame!

We were maybe three black men only in that class… I remained quiet to Edgar’s jokes. Didn’t want to give them what they wanted. One day, another negro lost it like “Edgar shut the fuck up!”. Edgar’s only reply was “that’s how I am and look, even Danny ain’t complaining ab
out it” and here’s what I told him with my nicest smile on: “Edgar, we’re in your district, Convention, the fancy Paris. If we were in my part of town I would have destroyed you since day 1. Capich?”

See, that’s how it goes in many situations; People always put labels on you… Sometimes I wonder if people would get to know me outta the boxing circle…

 

” On se met des parpaings mon pote ! des jambes dans la carotide ! tu es là tu vois en 4 mais à la fin « bien joué mon pote ». “

 

JA : C’est vrai que même dans le monde du travail par exemple, c’est la même: il y a des apriori, des passe-droits; le système marche comme ça en fait… Il faut tout le temps prouver qu’ils ont tort de coller des étiquettes

Even at work, it feels like this is how the system works… Always gotta prove them wrong

D : Et peu importe le taf que tu fais. J’ai commencé à taffer à 18 ans, et moi en faisant ces tafs de merde là, je savais que la manutention c’était pas ce que je voulais faire. Tout ce qui est boulot de la main c’est pas ce que je veux, narvalo ! Je bossais à Carrefour, on avait fait des études pour être chef de rayon, j’arrive et on me fait passer par la base, y a pas de galère, dans chaque chose il faut passer par la base, mais compte pas me faire galérer 5 ans, je suis pas un connard. Cousin, j’ai fait des études c’est pour être chef de rayon, l’autre il vient d’arriver, il vient de sortir d’école et lui il est chef de rayon, c’est quoi le délire ? C’est qui son père ? J’en ai rien à foutre j’ai fait des études pour ça.

Moi je veux mon poste, tu vas me faire galérer un ou deux ans ok, mais tu vas pas me faire galérer 5 ans, donc je me suis barré.

Yes. And whatever your job is.
I started to work I was 18, doing shitty jobs but knowing that wasn’t my future. Handling heavy stuffs and all, I know this ain’t for me!
I studied to manage a department in a store called Carrefour. To begin they made me do basic stuffs; I told myself that it was no problem and that in life you always have to start with little things to become great, but hey, don’t put me on hold for 5 years!! I ain’t stupid!! This other guy joins the team, fresh outta school and he becomes my manager?!? Yooooo!! Who’s his daddy? That’s not ok; I studied and worked my ass off!! I deserve something too! So I quit.

 

” C’est un art martial le bordel, et quand tu le fais bien, que c’est propre c’est beau à voir. “

 

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J.A : Mais ça t’arrive de lâcher la pression un peu ?

Do you get to chill out sometimes?

Après… il y a des fois je me laisse aller… il y a un père de famille, Fred on est parti en Thailande ensemble, on a rigolé, tu vois, dans la même mentalité, et moi je suis resté avec eux parce qu’ils ont une bonne mentalité, ils vivent leur vie frerot. Ils vivent pas pour les gens, ils rigolent tout ça, et je prefère rester avec des gens comme ça, qu’avec des gens de mon âge, genre connards qui veulent toujours prouver quelque chose, j’ai pas le temps pour ça. Je suis là pour vivre poto;  je suis pas là pour prouver des choses.

Donc des fois ils m’invitent chez eux, il y a sa famille, je prends l’apéro comme eux ils le font. Parfois je me laisse prendre au jeu, ça change. Toute la vie à la cité faut changer un peu,  à un moment ça fait mal au crâne. C’est quand j’ai repris les cours et que j’ai commencé à taffer que j’ai eu un autre regard. C’est là que tu vois qu’en fait y en a ils tournent en rond, poto…

Yeah sometimes I let it go.
There’s that guy, Fred. He’s a dad. We went to Thaïland with his family. It was a lotta fun; we have the same mentality. I stayed with them cuz they live their life for themselves, not for the others, not to please people. I’d rather stay with that kind of person than people my age, motherfuckers always trynna prove something; I ain’t got time for that. I’m here to live, not to prove shit.
Sometimes they invite me to their place. I have aperitif just like they do, you know. Just getting a change of air. Imagine u in the hood, everyday doin the same things…
So when I went back to school, when I started to work, that’s when I realized that in the hood you can really go round and round…

J.A : Donc la boxe ça t’a aussi permis de t’ouvrir un peu ?

Seems like Muay Thai  has opened your mind?

D : Ouais, ça m’a ouvert un peu plus et voilà. Franchement c’est mortel, c’est un bête de sport, au-delà de la bagarre, il y a un bon esprit. On est là pendant 5 rounds on se tue, à la fin on se check, on peut se revoir dans un gala on se dit bonjour, il n’y a pas de soucis c’est que du respect. Après il y a des dérapages, il y a des cons partout… Mais la plupart du temps c’est ça, on se tcheck et c’est même ça qui choque la plupart des gens.
On se met des parpaings mon pote ! des jambes dans la carotide ! tu es là tu vois en 4 mais à la fin « bien joué mon pote ». Mon coach me dit un boxeur il est sadomaso. Parce qu’en fait y a un moment la boxe, les gens pensent que c’est qu’envoyer, non tu reçois ! Tu reçois plus que tu envoies et si tu sais pas recevoir tu n’iras nulle part ! y en a plein ils étaient forts ! tu les vois boxer, techniquement c’est placé, c’est précis, tant que la personne en face répond pas il est bien, le premier coup qu’il va sentir fort, le mec il s’éteint.

dany-2Après au-delà de ça, quand je monte sur le ring, bon j’aime la bagarre, mais pourquoi? ça je l’ai su quand je suis allé à Bangkok au mois d’aout là, pour les championnats du monde. Ce que te donne le public tu vois, le retour du public, c’est ça que j’ai kiffé, parce qu’en fait quand je suis sur le ring, c’est ma prestation, et je veux que ce soit beau. Ça m’arrive souvent de faire la gueule après mes combats même si le coach me dit « mais tu es un ouf toi, tu as 40 combats, 4 défaites et 1 nul, et à chaque fois que tu sors tu es bizarre même après tes victoires, faut être content de temps en temps » mais en fait moi c’est la beauté du combat qui compte, j’ai envie de faire plaisir aux gens.
Ouais, quand les gens disent que c’était du propre. Parce que c’est un art martial le bordel, et quand tu le fais bien, que c’est propre c’est beau à voir, et c’est ça que j’ai envie de retranscrire.

Donc ça fait qu’en Thaïlande, à Bangkok là, quart de finale, je tombe sur un argentin j’ai fait une prestation ! J’ai kiffé de fou, les gens ils ont kiffé de fou, donc ça m’a fait kiffer de fou !  et j’ai dit « ah voilà c’est ça que je kiffe» donner du plaisir pour que les gens me le redonnent après… Alors que les gens d’habitude je m’en fous hein, mais quand le public dit «oui voilà là c’était beau » là je suis content.

Yeah, totally! Man I dig it. Beyond the fight there’s such a good mentality in this sport. You can spend 5 rounds as a beast but at the end it’s all about respect. It is often shocking for people to see us hurting one another, bleeding and all but at the end we know it is just sport and we easily congratulate one another.
My coach often says that a boxer is a sadomasochist. People naturally think that boxing means punching, but actually you get more hit than you hit. And if you’re not ready to receive you won’t go anywhere.

It is true that I love to fight but the real question is why? I found the answer after going to Bangkok for the World Championships. What you receive from the crowd is priceless. So many times I’m not 100% satisfied about my fight even though my coach calls me crazy and says that based on my ratio (40W 1D 4L) I should smile more often; but for me it’s not enough. I have to fight beautiful. Don’t forget that it is an art so it has to be beautiful and “clean”. This is how I want the crowd to see it; It’s my gift to them and I’m keen on knowing that the crowd found it as spectacular as beautifully done.
My 1/4 final in Bangkok was against an Argentinian. I did such a good fight!! I loved it. So did the crowd. Conclusion I loved it even more! Entertaining people so they can give it back to you; that’s what I’m after. Even though in general I don’t give a shit about being watched and all the pressure it creates.

 

” Ils me regardent tous, genre ils voulaient des excuses genre en mode ancien, je suis pas une baltringue, j’en ai rien à foutre même s’il y a mon père je m’excuse pas. “

 

JA : Mais pour arriver à ce niveau là, pour être capable de proposer du beau spectacle, il faut un certain niveau, ça implique des sacrifices, il faut faire des choix non ?

Obviously, to reach that level and to be able to offer such an aesthetic it implies sacrifices, right?

D : Sur ça j’ai beaucoup réfléchi, je suis quelqu’un qui réfléchit beaucoup, la vie ce ne sont que des choix. Je pourrais faire le mec, je sors tous les weekends mais je suis assez sorti. En tout cas à notre niveau à nous, j’estime être assez sorti. Si c’est pour faire les mêmes soirées que j’ai connues depuis que je suis tout petit c’est bon. J’ai eu ma dose de ça. Soit tu m’appelles pour un vrai truc soit tu m’appelles pas.
C’est des choix. Le sport, les mecs qui faisaient que manger des grecs c’était un choix. Nous on était là on faisait notre gent-ar « ouais on va au chicken qui vient d’ouvrir là et là dans tel coin » … c’était un choix ! Nous on voulait être à la page «  ouais le chicken de Villepinte là il est michto » Mais en vrai, c’était de la merde, super con.dany-15

Moi quand j’ai décidé d’arrêter les cours et qu’après je les ai repris, les gars ils se foutaient de ma gueule. C’était mon choix, ça se trouve ce choix là je l’aurais pas fait, BAM… L’internat je me suis fait viré, je me serais excusé de ce que j’avais fait, de ce qui s’était passé avec le CPE, j’aurais fait deux ans à l’internat je serais peut être pas ce que je suis aujourd’hui.

I thought a lot about that; yep, I’m a thinker;
You have to choose your life. It’s all about that. I could be that dude who goes partying all the time but I’m done with that.    Plus if it’s about repeating the same ol’parties we did when were teenagers, uh uh, I’m done!
It’s all about choices. Eating kebabs errrday: it’s up to you. I remember when we were all about eating at the newest chicken spot… We just wanted to be up to date, claiming the food was dope but when I look back it wasn’t!! Fuckin stupid we were.
After I dropped outta school and finally decided to restart studying, everybody was laughing at me but it was my decision.
Who knows what would have happened if I didn’t go back to school.
The boarding school I was sent off from, would I have been here if I apologized to the vice-principal?

JA : Tu l’as marave ou quoi ?

Did you beat him?

D : Non je l’ai plaqué contre le mur ! Aucune école ne voulait de moi en Ile-de-France. Donc on m’a envoyé sur Amiens. Ce jour-là, moi je devais sortir un peu en avance, j’ai fait un mot, le directeur le signe. Arrivé près de la loge, le CPE m’intercepte; il pouvait pas me voir celui-là, depuis le début, c’est obligé il avait un truc contre moi…
Je lui dis « regardez j’ai mon mot » il me dit « oui mais il se trouve que vous êtes collé ». Il bloque mon sac, moi je vois rouge, à cette époque là moi j’étais dans les ffaires-a, maintenant y a mes ffaires-a dans le sac. Je lui dis « mais qu’est ce que tu me fais là ? » je le plaque contre le mur je lui dis « sors mon sac d’ici là ! » Le mec devient rouge « monsieur laissez moi ! » La meuf de la loge elle panique, elle ouvre, je prends mon sac et je me barre.

dany-12Je savais direct! Il a appelé les schmidts, tout ça, le temps d’arriver à Paris, je vois ma mère elle me guette « mais toi on va faire quoi de toi ». Ensuite on est convoqués avec mes parents et ils voyaient bien que j’étais pas en tort, mais bon y’a l’acte, tu vois ? Ils me regardent tous, genre ils voulaient des excuses genre en mode ancien « je suis pas une baltringue, j’en ai rien à foutre même s’il y a mon père je m’excuse pas, j’étais en droit de partir, le mec il m’a bloqué, je suis désolé pour le truc mais après je m’excuse pas ». Le daron il comprend pas. « Ok! on prend en compte, on vous dira ce qui va se passer » je savais que j’allais me faire virer. Lui il s’est pas excusé pourquoi je m’excuserais ? Heureusement aujourd’hui je suis beaucoup plus dans le self-control, j’pars pas en sucette comme ça.

No I just pressed him against the wall.
Not a single business school in Paris area accepted me; I had to attend school in Amiens.
That day, I had to leave earlier and the Director gave me approval, but as I was leaving, here comes the vice-principal who refused to let me go. He just couldn’t stand me!From the beginning I knew he had something specific against me…
I showed him the Director’s approval but nothing: the man grabbed my bag (which contained some dodgy stuffs too, haha) and held onto it. So I pressed him against the wall. The custodian opened the gate and I left knowing what would come next. I knew he would call the cops and that they will fire me… Next thing, they called me and my parents in and asked me to apologize. Why should I? Did the vice-principle apologized? No. So why should I? I’m sorry it escalated that quickly but I ain’t gon’ apologize, even if my Dad’s in the room. I ain’t no lame. Finally they sent me off.. Fortunately I am more of a cool tempered dude now.

JA : Du coup tes parents étaient quand même présents, ça a joué un rôle dans ta carrière?

What about your parents. Did they play a major part in your career?

D : Non tu sais nos parents justement, ça c’est un problème, il y a pas ce suivi, nos parents à nous pour la plupart, dès que tu commences à percer, là ils sont là à te suivre, mais ils sont pas là au début comme les autres. Moi, je vois les autres parents, les blancs par exemple même si leur gosse il est zéro ça lui donne envie de continuer, de forcer, parce qu’il voit qu’il y a quelqu’un derrière, mais nous, c’est nous même. Avec mon refré c’est tout seul qu’on s’est faits; genre vis ta passion et kiffe sans rien attendre en retour.

Not really and that’s the thing with our parents.  It’s only when you rise that they show support, whilst they should have been there since the beginning.
When I see how white kids parents support them even when the kids are really shit. Whatever, it gives the kid strength and motivation to keep going.
But my brother and I are self-made. You have to live your passion without expecting anything in return.

dany-7JA : Du coup ils viennent voir tes combats ? Vous parlez de boxe un peu ?

Do they show up at your fights? Do you have conversations about boxing?

D : Combien de fois je suis rentré, en plus la ronne-da des fois elle est pas marrante « tu t’es encore fait boxer » qu’elle me dit! Même quand j’ai gagné! Mais elle, tu sais, elle veut juste te foutre le seum ! Mais je m’en fous, au début ça pique mais après je passe outre, parce que c’est pas pour toi que je fais ça, c’est pour moi, et je ne force personne à venir m’encourager etc… c’est pour moi c’est ma passion. Après il y a des gens ils ont besoin que les parents regardent moi j’ai pas besoin.
Et c’est pour ça que mon frère, lui il a commencé le sport études à Nancy, dès qu’il a des matchs ici j’y vais direct. Pour lui montrer qu’il a mon soutien, tu vois?! Je sais que c’est pas comme ça qu’on a grandi, mais c’est pas pour autant qu’on doit reproduire les mêmes schémas, on est re-fré, poto! Et ça lui fait grave plaisir ! Quand je suis là, il est trop guèze! Pareil pour moi. Nan, ça fait plaisir même si on le montre pas tu vois.

So many times back home from a fight my mother was like “and once again they beat your ass down!”. Even if I won. She ain’t funny. I know she’s kinda joking but I don’t care cuz at the end of the day, I do muay thai for myself! I force nobody to follow me and my passion. Some people need it badly, I don’t.
That is also the reason why my brother moved to Nancy for joining the Sport Institute ( Basket Ball )as soon as he had the opportunity. But anytime he comes back to play a game round here I show up. I show him support. We both know that’s not the way we grew up but we don’t have to repeat the same pattern. We brothers and it’s really important to show love and support. When he knows I’m here he’s delighted. Same for me even though we don’t clearly express it.

 

“Albert tu es fou il se donne, il a la niaque, et ce genre de personnes qui se donnent peu importe leur couleur de peau, faut lui rendre la pareille, faut l’aider.”

 

J.A : Et avec ton coach vous êtes proches ? T’as une relation particulière avec lui?

What is your relationship with your coach like?

D : On discute, on s’entend bien mais j’ai toujours gardé cette barrière du coach, après je sais qu’on est humain, des fois on peut dérailler, on rigole. On va en Thaïlande je vais pas faire ce-vi, mais y’a toujours cette barrière. Jamais je l’appelle pour un truc qui n’a rien à voir avec la boxe. Lui c’est le maître, moi je suis l’élève comme ça il y a pas d’ambiguïté. Mais on rigole y’a rien !
C’est important parce qu’après tu mélanges tout et c’est pas bon.

We have a good relationship, we talk a lot, we get along but that’s it. He’s my coach and it’s important to keep the distance. I know we’re human and we naturally laugh and connect to each other, of course, but I know my limits. For example, I will never call him for something that ain’t boxing related. He is the master and I’m the student.

Moi je rentre dans la salle, je m’entraîne, je me casse. Point-barre.
Et pour te dire, la dernière fois il m’a dit que pour certains petits du club je suis un exemple. Moi je m’en rend pas compte, car quand je m’entraîne, je vois pas autour. Après des fois je parle aux petits, il y en a un que j’aime bien, Albert, un babtou, il se donne à fond, vraiment il a la niaque, tu sais qu’il a faim, il a 15 ans, quand les autres petits ils sont là il s’en occupe pas. De temps en temps je lui donne des petits conseils. Il y a des gens comme ça, quand je les vois, et même si c’est dur d’avoir ma confiance, il suffit que tu me montres que t’as la niaque, peu importe ta couleur de peau, ton origine, si je peux t’aider, je t’aide. Je m’en bas les couilles que tu sois noir, blanc ou arabe, moi c’est ce que tu fais qui compte!
Je préfère l’aider lui plutôt qu’un renoi l’autre il traîne.Non mais là, Albert c’est un bon, on a été en Thaïlande ensemble, on a beaucoup parlé. Justement samedi il y avait une compétition, sa mère vient s’asseoir juste à coté de moi, et elle me dit « écoutez monsieur je voulais vous remercier parce que vous êtes une bonne personne, mon fils me parle tout le temps de vous, il prend exemple sur vous, il me dit que du bien sur vous » Moi je savais pas narvalo! Et le coach quand je lui dit ça, il me dit « je te l’ai dit il y a deux, trois ans, tu es champion de France Pro, champion du monde amateur , c’est normal qu’il prenne exemple, tu veux qu’ils prennent exemple sur qui ? »

Mais Albert tu es fou il se donne, il a la niaque, et ce genre de personnes qui se donnent peu importe leur couleur de peau, faut lui rendre la pareille, faut l’aider.

I step in the gym, I train, I go back home. That’s it.
My coach told me that I was an example, an inspiration to others; it’s funny cuz I don’t see it. When I train I do it for myself, I don’t look around.
Sometimes I chat with some youngsters, especially one, Albert. He’s 15 and he’s hungry!! He trains really hard and never pay attention to the bullshits around. Every now and then I give him advice.
I know I told you that sometimes I have a bad mentality, that it’s hard to gain my trust and all but whenever I can help you especially if you show character and hardwork, no matter your background and skin color, I’ma help you.
I’d rather help a white-ass Albert than a negro who shows no vision and who just wanders aimlessly… 
But yeah, me and Albert we talk a lot, we went to Thailand for a training camp together etc… Last time I went to see him fighting and his mother sat down next to me and told me that she hears only good things about me. She said I really inspire and motivate her son. Man, I didn’t realize that!! And when I told the coach about it he was like “I told you this 3 years ago! You’re the National champion and World champion, who-else could be their inspiration?”.
Albert works hard, man!!! I repeat, that kinda person, no matter his background and skin color, we have to help him reach his goals.

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